Commentaires en ligne
Note moyenne des
commentaires :
Une étonnante réussite, 12 décembre 2005
Deux raisons m'ont poussé à découvrir ce disque: la curiosité d'abord
et, surtout, la caution de Steve Hackett. En effet, on peut s'attendre à
tout et n'importe quoi dans le registre "tribute classique à un groupe
rock". On a tous subi le "best of Truc par la fanfare de
Trifouillis-les-oies", "Bidule reprend les tubes de Machin avec les petits
chanteurs à la croix de bois", "le répertoire de Tartempion joué par cinq
bandonéons", j'en passe et des meilleures...
On attend donc de l'originalité, de la sensibilité, et c'est cela qui fait
la différence entre un superbe "Apocalyptica plays Metallica by 4 cellos"
et, au hasard, un Genesis revu à la sauce classique par D. Palmer, disque
plutôt insipide sorti il y a quelques années.
C'est dans la première catégorie que se situe ce "Genesis for 2 grand
pianos", enregistré par deux inconnus au bataillon.
D'abord, les titres. Un choix plutôt pertinent: nos amateurs ont pioché
dans le répertoire 71-80 (pas de "Land of confusion", donc), et on a des
classiques ("Mad man man moon", "fountain of salmacis"), sans pour autant
tomber dans les morceaux "tarte à la crème" (franchement, qu'aurait-on
fait d'une énième version de "Firth of fifth"?). Certains morceaux sont
même plutôt inattendus, comme le superbe "Duke's travel" et, surtout, le
rarissime "Evidence of autumn", dont l'exhumation montre, s'il en était
besoin, que nos hommes sont des amateurs éclairés! Seul choix discutable,
"Down and out", tiré du mésestimé "And then...", titre sympa, plus rock,
plus enlevé, mais qui n'a pas la même profondeur que les autres. Un "Lady
lies" aurait sans doute été plus à sa place...
L'interprétation, maintenant. Elle est tout en finesse, en virtuosité - et
ce, sans prétention. Certains titres, loin de se trouver dénudés, se
révèlent même d'une richesse insoupçonnée... Mention spéciale à "fountain
of salmacis", ouverture dantesque. Le pari est réussi, et confine parfois
au prodige, puisqu'on se remet le CD avidement - alors que, pour la
plupart des tributes, on court se consoler en réécoutant les titres
originaux!
Bref, réussite totale; ces gens ont dû écouter Genesis jour et nuit
pendant 30 ans pour parvenir ainsi à en délivrer la quintessence! |